Quand on pousse la porte du Schoolab Saint-Lazare, 15 rue de Milan dans le 19e arrondissement de Paris, on pénètre dans une étonnante ruche où des personnes de tout âge discutent ou travaillent autour de petites tables ou dans des canapés. C’est à cette nouvelle adresse de « l’innovation studio » Schoolab que le Lab RH s’est installé en avril 2019, une rencontre qui tombe sous le sens quand on a pour leitmotive l’innovation et la transformation des entreprises.

Depuis 2015, le Lab RH a jeté son dévolu sur les ressources humaines (RH), partant du constat que les entreprises étaient plutôt réticentes à faire entrer l’innovation pour les gérer. Cet écosystème collaboratif, initié par Jérémy Lamri et Boris Sirbey, a montré toute sa pertinence en quatre ans puisque leur association, actuellement présidée par Yves Grandmontagne, ancien DRH de Microsoft et Pfizer, compte aujourd’hui quelque 600 adhérents dont 250 start-up, 70 grandes entreprises, des syndicats, des écoles et autres laboratoires de recherche (aspect scientifique), ainsi que des institutionnels.

« Faire changer les mentalités »

Il faut dire que les métiers RH sont en pleine transition et qu’il est bien difficile de savoir en quoi consistera l’innovation dans les années à venir. « Sera-t-elle saupoudrée dans les entreprises ? sur l’environnement de travail ? la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) ? », interroge Alexandre Stourbe, directeur du Lab RH (en photo). Une chose est sûre, en revanche : « Nous sommes confrontés à la nécessité de faire changer les mentalités des entreprises. » Toute l’ambition est de se positionner comme un réel laboratoire d’expérimentations pour « penser le futur du travail ». Réponse à des appels à projets, propositions de solutions, prestations pour des entreprises, travaux scientifiques, le Lab RH a vocation à mettre en avant les innovations de ses membres tout en anticipant les besoins.

La structure fonctionne avec un budget de 1,55 million d’euros alimenté par les adhésions (70 %), des partenariats (20 %) et des prestations (10 %). 12 personnes permanentes font tourner l’association et trois doctorants produisent des études sur, par exemple, « environnement de travail et performances », « compétences personnelles et sphère professionnelle » ou encore « diversité culturelle et créativité ». Pour passer de la réflexion à l’action, l’écosystème comprend également un réservoir à idées, « La marmite », dont les « marmitons » doivent être sélectionnés pour y participer. « L’idée est de coordonner des équipes pour répondre à des sollicitations », précise Alexandre Stourbe. Ainsi, Engie a sollicité le Lab RH pour « réenchanter l’expérience candidats ». Dans ce cas précis, le Lab RH a sélectionné une cinquantaine d’adhérents qui ont remonté tout le processus de recrutement et fait des propositions, dont certaines sont mises en œuvre. Les travaux et autres résultats des membres sont ensuite partagés au travers d’événements pour faire vivre l’écosystème.

Les cadres font l’objet de beaucoup d’attention en cette rentrée 2019. Il faut dire que les tensions sur le marché de l’emploi des cadres ont rarement été aussi vives, voire préoccupantes. Cependant, tous les salariés classés dans la catégorie « cadres et professions intellectuelles supérieures » ne sont pas logés à la même enseigne. Ainsi, l’Insee révèle, dans une étude datée du 3 septembre, que les cadres d’Ile-de-France présentent non seulement moins de risques d’être au chômage que les cadres de province (+ 7 % de probabilité pour ces derniers), mais ils sont également moins touchés par le chômage de longue durée même s’ils ont plus de 60 ans. Outre leurs niveaux de formation et de compétences souvent plus élevés, les Franciliens bénéficient d’un réseau de relations professionnelles qui « leur permet de retrouver plus facilement un emploi, dans une région où l’offre d’emploi est abondante ».

« Cette différence s’explique en partie par une présence plus forte, en Ile-de-France, de secteurs où les effectifs augmentent », souligne l’Insee. Il s’agit par exemple de la finance, de l’information, de la communication et des activités scientifiques et techniques. Entre 2015 et 2017, ces secteurs ont contribué à la moitié de la hausse de l’emploi des cadres franciliens.

Un bémol toutefois, puisque « les professions de l’information, des arts et du spectacle (8 % des cadres d’Ile-de-France) présentent les risques de chômage les plus élevés ». De ce fait, les cadres exerçant ces métiers ont une probabilité deux fois plus grande d’être au chômage que les cadres d’entreprise.

57 % des cadres franciliens sont des hommes

De même, bien qu’étant en moyenne plus diplômés que les Français, les cadres franciliens de nationalité étrangère sont davantage exposés au risque de chômage. Leur taux de chômage atteignant 5,1 % en 2017 contre 2,9 % pour les cadres français. La situation familiale influence également le risque de chômage. A âge équivalent, la probabilité d’être au chômage augmente de 25 % pour les cadres célibataires par rapport à ceux qui sont en couple ou en famille. « Avoir une famille à charge peut accroître la nécessité de trouver un travail et inciter à être moins sélectif sur des questions de rémunération ou de conditions de travail », commente l’étude. Enfin, alors que plus de la moitié des cadres franciliens (57 %) sont des hommes, les femmes, pourtant souvent plus diplômées, ont une probabilité d’être au chômage supérieure de 10 % à celle des hommes.

Avec plus de 300 structures en Ile-de-France, le secteur de l’insertion par l’activité économique (IAE) est aussi bien fourni que diversifié pour répondre aux besoins de chaque typologie de bénéficiaires. En fonction de son éloignement de l’emploi, la personne intégrera un chantier d’insertion, une association intermédiaire, une régie de quartier, une entreprise d’insertion ou une entreprise de travail temporaire d’insertion (ETTI). « La différence entre les divers niveaux de l’IAE tient à l’accompagnement des personnes », précise Frédéric Carlier, directeur adjoint du groupe Pro emploi. « A notre niveau, il s’agit uniquement d’intervention sur les chantiers pour faire un accompagnement social. »

ETTI créée en 2006 en Seine-et-Marne pour faciliter l’insertion des personnes en situation de handicap, Pro emploi s’est rapidement tournée vers tous les publics en insertion. Au 31 juillet, la société de droit privé comptait 312 équivalents temps plein (ETP) et 36 permanents répartis dans les quatre agences, situées en Seine-et-Marne pour deux d’entre elles, en Val-de-Marne et en Essonne. Sachant qu’une ETTI est obligée d’avoir un permanent pour assurer l’accompagnement de 12 intérimaires, elle perçoit en contrepartie des subventions. Ces dernières ont représenté, en 2018, 8 % du chiffre d’affaires de Pro emploi, qui s’élevait à 10 millions d’euros. Aussi, l’action commerciale auprès des entreprises est indispensable. « Notre mission est double », résume Frédéric Carlier, « trouver une solution durable d’emploi à des personnes en insertion, et aider les entreprises à intégrer ce type de profils dans le cadre de leur politique de RSE ».

Les entreprises plus ouvertes

Une ETTI telle que Pro emploi fait aussi partie des modalités de réponse aux clauses sociales exigées dans les marchés publics. Dans le Val-de-Marne, 80 % de l’activité répondent à des clauses sociales, alors que cette part est beaucoup plus faible dans les autres agences. « La raison tient aux chantiers du Grand Paris express qui dopent notre activité dans le Val-de-Marne », argue Audrey Gutman, responsable de l’agence val-de-marnaise qui compte une centaine d’ETP. Face à la tension sur le marché de l’emploi, les entreprises ouvrent plus facilement leurs portes à des publics en insertion, notamment féminins et étrangers. Ainsi, un projet de formation de conducteur d’engin de chantier pour des femmes est en cours. « Les entreprises sont d’accord, reste à trouver des candidates », souligne Audrey Gutman.

Pro emploi a également formé un groupe d’une douzaine de réfugiés aux métiers de maçon VRD en Val-de-Marne. Une deuxième action semblable va être lancée. Frédéric Carlier espère ainsi « être de moins en moins une variable d’ajustement quand une entreprise n’a pas d’autres solutions, mais un réel outil de recrutement et d’aide aux entreprises à embaucher des personnes éloignées de l’emploi ». Prochaine étape : la Seine-Saint-Denis, si jamais Pro emploi est lauréat de l’appel à manifestations d’intérêt lancé à la rentrée.

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