Pas de pause chez SNCF réseau, ni dans l’activité soutenue par la poursuite des grands chantiers, ni dans le rythme des recrutements, notamment pour pallier le renouvellement des salariés (54 000 en France dont 13 500 en Ile-de-France). Ainsi, la branche du groupe ferroviaire en charge de la maintenance et de la gestion du réseau a lancé, à la mi-juin, un vaste plan d’embauches de 2 000 personnes en France, qui porte essentiellement sur les métiers de la circulation ferroviaire, l’électricité, les télécoms, la mécanique et l’électromécanique. Près de la moitié concerne l’Ile-de-France, soit 800 postes à pourvoir « dont 550 dans les métiers en tension : électriciens (180), aiguilleurs du rail (270), techniciens télécoms (40) et caténairistes (60) », détaille Léocadie Mounis. « Tous ces postes sont ouverts aux femmes », ajoute la directrice des ressources humaines de SNCF réseau Ile-de-France, qui présente un taux de féminisation de 14 %, pointant la difficulté récurrente d’attirer ces dernières sur les métiers du ferroviaire.

L’entreprise annonce également le recrutement de 330 alternants en Ile-de-France, du bac pro au niveau ingénieur, tant dans le cadre de formations spécifiquement ferroviaires que plus généralistes. « Chacun des alternants, s’il réussit son diplôme, sera embauché en CDI », prévient Léocadie Mounis. Si le niveau des recrutements de 2020 est stable par rapport aux autres années, la méthode en revanche a évolué, « nous disposons désormais d’un processus de recrutement (présentation métiers, entretien, tests) intégralement en distanciel et nous sommes passés à une campagne 100 % digitale », explique la DRH. Celle-ci se déroule jusqu’au 8 juillet sur l’ensemble des réseaux sociaux et les sites de recrutement, et met en scène de jeunes recrues témoignant de leur satisfaction de travailler chez SNCF réseau.

Trois nouveaux campus

« L’augmentation des besoins des entreprises pour construire le Grand Paris a tendu le marché de l’emploi. Les rôles se sont inversés : les candidats se positionnent désormais comme des clients et nos recruteurs adoptent une posture plus commerciale », souligne Sébastien Gerardin, responsable de la task force recrutement de SNCF réseau Ile-de-France, mise en place pour répondre aux besoins importants dans la région Capitale.

Tout l’enjeu consiste donc à se faire connaître et renforcer son attractivité. Pour ce faire, SNCF réseau met en avant la possibilité de travailler dans des contextes variés (opérationnel, grands chantiers, maintenance du quotidien) et l’assurance d’un parcours d’évolution de carrière grâce notamment à la formation continue pour laquelle un important programme d’investissement est prévu.

Ainsi, d’ici à 2023, trois campus de « nouvelle génération » seront créés à Nanterre (Hauts-de-Seine), Bordeaux et Lyon. Alors qu’une dizaine de centres en France sont dédiés à des typologies de métiers, le projet consiste à avoir trois points de formation qui assurent l’ensemble de l’offre de formations, avec notamment des outils de réalité virtuelle pour assurer des formations par simulateur.

Avec une population un peu plus jeune que dans le reste de la France métropolitaine (53,5 % des Franciliens ont moins de 40 ans, contre 47,5 % des Français) et qui croît un peu plus vite (+10,8 % contre 10,1 %), l’Ile-de-France se trouvait, « à l’aube de la crise sanitaire, en première ligne de la croissance économique française », explique la toute récente publication de la Direccte Ile-de-France (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) baptisée « Les chiffres-clés 2020 ».

Et de fait, la région affichait un dynamisme réel. Reste à savoir si les spécificités franciliennes serviront d’amortisseur, ou non, à la crise actuelle.

Prépondérance des cadres et des services marchands

Si la région est marquée par une très forte proportion de cadres et de professions intellectuelles supérieures (29,9 % des actifs contre 17,9 % en moyenne française), elle se distingue également par la très forte prépondérance des emplois tertiaires marchands (63 % des actifs contre 49,3 % en moyenne française métropolitaine).

L’emploi salarié a progressé dans la région de 1,8 % entre le 2e trimestre 2018 et le 2e trimestre 2019 (contre 1 % pour la France métropolitaine). Mais cette croissance est inégale : elle se limite à 0,4 % en Essonne, 0,7 % dans les Yvelines, 0,9 % en Seine-et-Marne, alors qu’elle atteint 2,4 % à Paris et en Seine-Saint-Denis.

De la même façon, six bassins d’emploi affichent des taux de concentration d’emplois supérieurs à 100 % : cela signifie qu’ils comptent plus d’emplois que d’actifs résidant dans la zone. Il s’agit de Paris, de Versailles-Saclay, du bassin du Grand Roissy-Le Bourget, de Paris Ouest La Défense, de Plaine Commune et de Grand Paris Seine Ouest. A l’inverse, certains territoires emploient moins de 60 % des actifs y résidant, comme l’est 95, le sud 91 ou le bassin Brie-Créçois.

Le taux de chômage francilien restait inférieur à la moyenne française (7,4 % au 2e trimestre de 2019 contre 8,2 %) mais, là encore, les disparités sont importantes : la Seine-Saint-Denis (10,8 %) et le Val d’Oise (8,6 %) accusent des taux supérieurs, ainsi que les 272 QPV franciliens (quartiers prioritaires de la ville) où le chômage atteignait 19,8 % au 3e trimestre 2019.

Autre particularité : en moyenne, les salaires bruts annuels dans le secteur privé atteignent un peu plus de 46 000 euros, contre 35 800 en moyenne française. Enfin, si l’Ile-de-France représente 23 % des emplois de la France métropolitaine, elle contribue pour 31 % à la création d’entreprises.

Information intéressante dans le contexte de crise sanitaire actuel : avant le confinement, seulement 10,5 % des salariés franciliens pratiquaient le télétravail et seulement 5,2 % sur une base hebdomadaire. C’est plus que dans le reste de la France (respectivement 7 % et 3 %), mais le phénomène restait donc marginal. Si l’effet de la crise n’est pas encore chiffré, le ministère du Travail indique cependant qu’au 6 juillet, l’Ile-de-France concentrait 25 % des salariés ayant fait l’objet d’une demande de chômage partiel.

Considéré comme un « outil essentiel de la relance de l’emploi en Ile-de-France », le Pacte régional d’investissement dans les compétences (Pric) monte en puissance cette année. Si la convention signée avec l’Etat porte sur trois années (2019-2023), son enveloppe est renégociée chaque année. Sauf que l’an dernier, cette dernière n’a pas été mobilisée, faute de n’avoir pu signer le Pric qu’en juin, après avoir eu l’assurance qu’il ne serait pas pris en compte dans le contrat financier conclu avec l’Etat et limitant la hausse des dépenses de fonctionnement à 1,2  % par an. « Il aurait été impossible d’utiliser ces fonds en six mois », explique Vincent Jeanbrun, vice-président à la Région chargé de l’emploi.

En 2020, en revanche, le dispositif va pouvoir être optimisé. « La nouveauté, poursuit le maire de L’Haÿ-les-Roses, est de dire que cette année, nous pouvons consommer l’intégralité du Pric, d’autant plus que nous mettons en œuvre des accompagnements très innovants grâce à l’intégration de nouvelles technologies dans les parcours de formation, ce qui nous permet d’être plus ambitieux quant au nombre de demandeurs d’emploi accueillis. »

L’objet de la convention 2020, soumise aux élus régionaux le 11 juin, est d’une part de permettre à la Région de bénéficier des crédits en hausse par rapport à 2019 (passant de 186 millions à 250 millions), qui complètent les crédits propres de la collectivité (« socle » de 193 millions). Ainsi, en matière de formation professionnelle, le conseil régional dispose d’une enveloppe budgétaire pour l’année 2020 de 443 millions d’euros. Pour accélérer le processus de formation en Ile-de-France, il a également conclu un pacte avec Pôle emploi par lequel elle reverse 40 millions d’euros du Pric à ce dernier pour l’inciter à orienter les demandeurs d’emploi vers les formations de la Région. Il s’agit d’autre part de porter de nouvelles actions dans la lutte contre le chômage, prévues notamment dans le plan de relance globale de la collectivité.

Un appareil de formation pérenne

Si les actions sont variées, elles n’ont qu’un seul objectif : « donner aux Franciliens éloignés de l’emploi et qui souffriront de la crise les moyens de se former dans les secteurs qui recrutent et de disposer d’un appareil de formation pérenne, plus moderne et innovant ».

Cela signifie de disposer de places de formation dans les secteurs qui recrutent et d’avenir (BTP, sanitaire et social, sécurité, agriculture, environnement, numérique). « Avec le Pric 2020, la Région peut donc doubler le volume de ces places en les passant de 20 000 à 40 000 dès 2020 », précise la collectivité. Outre le soutien à l’apprentissage, une prime de 1 000 euros sera accordée aux demandeurs d’emploi acceptant de se former dans ces secteurs, ainsi qu’une aide au permis de conduire pour les jeunes qui en ont besoin pour travailler. Enfin, le programme prévoit les financements pour porter le nouveau dispositif Aide individuelle régionale vers l’emploi (Aire), qui entrera en vigueur dès septembre.

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