Comment rendre plus efficaces les dispositifs visant à réinsérer dans le monde du travail les personnes qui en sont éloignées ? C’est ce que vise l’expérimentation de deux ans lancée en octobre dans sept villes du Val-de-Marne – Alfortville, Bonneuil-sur-Marne, Boissy-Saint-Léger, Créteil, Limeil-Brévannes, Valenton et Villeneuve-Saint-Georges – suite à un appel à projet national sur l’expérimentation territoriale d’un service public de l’insertion, dont le département a été l’un des 14 lauréats.

Concrètement, explique Amélie Mazé, cheffe du service insertion à la direction de l’action sociale du conseil départemental, « nous allons cibler les parcours dits “sans solution” : autrement dit, les personnes ayant bénéficié d’un dispositif d’insertion ou un accompagnement global de Pôle emploi, mais pour lesquelles ces actions se sont soldées par un échec ou un abandon ». Soit environ 10 % des 15 000 allocataires du RSA dans le département.

Pour ce faire, le département, en partenariat avec Pôle emploi, va utiliser une instance partenariale préexistante – la coordination territoriale pour l’insertion et le développement social -, qui s’adjoindra les services d’un chargé de projet. Sa tâche ? Investiguer systématiquement tous les cas d’échecs, pour en cerner les causes : problème de santé, d’hébergement, manque d’accompagnement en entreprise, etc. Il proposera ensuite une solution alternative.

Mobiliser des associations

Le monde des entreprises sera mis à contribution : le département compte s’appuyer sur le dispositif 1 000 emplois, visant à accompagner dans l’emploi 1 000 allocataires du RSA sur trois ans, et signé en 2019 par le groupement de PME des travaux publics Evariste, l’entreprise NGE et le club d’entreprises Face 94. Ce dernier, notamment, prend en charge les candidats non retenus par les deux premiers partenaires, et leur propose un parcours global d’accompagnement.

La collectivité entend également mobiliser des associations, comme Orly International, qui travaille à la mise en relation des besoins de recrutement du pôle aéroportuaire et de la main d’œuvre locale. Elle s’appuiera aussi sur le club des entreprises inclusives, fondé fin 2019, sous l’égide de la préfecture. « Ces dernières pourront nous indiquer quels outils leur sont utiles : parrainage, lien facilité avec les services sociaux, etc. Car nous souhaitons travailler tout particulièrement sur la sécurisation de l’emploi », indique Amélie Mazé. Trop de personnes ayant trouvé un travail suite à leur parcours d’insertion abandonnent en effet rapidement leur poste en raison de difficultés personnelles ou d’un manque d’intégration dans l’entreprise, ont constaté les services sociaux. Pour cette expérimentation, le département percevra 300 000 euros de l’État finançant l’ingénierie du projet.

Alors que l’Ile-de-France pourrait atteindre la barre symbolique du million de chômeurs en fin d’année, Valérie Pécresse a annoncé, le 5 novembre, de nouveaux dispositifs en faveur des reconversions professionnelles vers les métiers en tension. « L’Ile-de-France fait face à une situation très difficile », n’a de cesse de répéter la présidente de Région, qui redoute la forte hausse du chômage du fait de la « dégradation du marché du travail ».

Aussi, tente-t-elle de prendre les devants pour limiter la casse sociale, notamment chez les jeunes, d’autant qu’il faut faire face à un paradoxe : « des secteurs sont à l’arrêt et à terre tandis que d’autres, en plein essor, peinent à recruter », a-t-elle résumé le 5 novembre. Parmi les secteurs en pénurie de salariés figurent les métiers de la santé, du sanitaire et du social, du numérique, du BTP, de la sécurité, de la transition énergétique, de l’industrie et de l’agriculture. La priorité du conseil régional consiste donc à aiguiller les formations, tant des demandeurs d’emploi que des salariés dont les postes sont menacés, vers ces métiers en tension afin qu’ils se reconvertissent.

Le PRIC accessible aux jeunes diplômés et aux détenus

Pour ce faire, la Région double l’offre de formations dans ces secteurs, soit 40 000 places, et accorde une prime de 1 000 euros aux stagiaires entrant en formation dans les secteurs pré-cités entre le 1er septembre et le 31 décembre 2020 (renseignement sur l’appli : Oriane FormPro). De plus, 10[insec]000 formations seront dispensées à distance à compter du 1er janvier 2021 (inscription avec le 1er décembre).
Pour déployer les moyens mis en œuvre dans le cadre du Pric (plan régional d’investissement dans les compétences), soit 1,8 milliard d’euros sur 2019/2022, Valérie Pécresse souhaitait qu’ils soient mobilisables en faveur des jeunes diplômés arrivant sur le marché du travail, les salariés qui envisagent une reconversion professionnelle, les apprentis sans employeur et les détenus. Le préfet de région Marc Guillaume a indiqué que « la situation avait été débloquée pour les jeunes et les détenus, et qu’il restait à traiter les deux autres cas ».

Deux nouveaux campus des métiers

Depuis la rentrée également, l’aide individuelle régionale vers l’emploi (AIRE) permet de financer des formations « sur-mesure » et rémunérées pour les demandeurs d’emploi, sans condition de promesse d’embauche ou envisageant de créer ou reprendre une entreprise. « Nous anticipons le fait que beaucoup d’entreprises vont être prochainement à reprendre, car un certain nombre de dirigeants risque de devoir passer la main à l’issue de la crise », argue Valérie Pécresse annonçant également dans la foulée la création de deux nouveaux campus des métiers et des qualifications (CAP à Bac+3-Bac+5). Le premier sur la santé et la gestion du grand âge (médical et sanitaire, services à la personne, l’ingénierie pour la santé et la domotique) se situera sur le domaine de Chérioux à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) et le second sur la sécurité au sens très large (personnes, grands événements, transports, cybersécurité) s’implantera à Argenteuil (Val d’Oise).

Enfin, face à l’enclavement des jeunes vivant tant en banlieue qu’en milieu rural, la région Capitale compte, à partir du 1er décembre, financer le permis de conduire à tous ceux qui sont inscrits en mission locale et en formation professionnelle. 60 000 jeunes en insertion en Ile-de-France pourraient bénéficier de cette aide de 1 300 euros.

Avec une population active plus jeune que dans le reste du pays et une surreprésentation de la population cadre, l’Ile-de-France présente un profil de risques professionnels très différent des autres régions de l’Hexagone. C’est ce que révèle le tableau de bord réalisé par l’Observatoire régional de santé d’Île-de-France (ORS) et publié cet automne par la Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) d’Ile-de-France.

Première constatation : le risque d’accident du travail est moins élevé en Ile-de-France. Ainsi, en 2017, le régime général de sécurité sociale -qui couvre 91 % des salariés – a enregistré pour la région près de 107 000 accidents du travail (AT) avec arrêt. Soit 17 % des AT nationaux, moins que le poids des Franciliens dans les affiliations au régime général (25 %). « Cette singularité est essentiellement due à la part importante des activités tertiaires, bureaux et sièges sociaux », note l’Observatoire. Mais pas seulement : cette sous-sinistralité est observée également par secteurs d’activités, au sein desquels la structure des métiers n’est pas la même en Île-de-France que dans le reste de l’Hexagone. Par exemple, dans les 11 secteurs les plus accidentogènes en 2010, seulement 24,8 % des salariés travaillant en Île-de-France assuraient des fonctions de production, chantier, exploitation – les plus exposées aux risques -, contre 34,7 % dans les autres régions.

Des accidents de trajet plus fréquents

Deuxième constat : en Île-de-France, les accidents de trajet sont, en revanche, plus fréquents qu’en France métropolitaine. La région en concentre 30 %, soit 5 points de plus que la moyenne nationale. Un surrisque imputable à la longueur et à la fréquence plus importantes des déplacements professionnels. Mais l’usage bien plus répandu de la marche à pied et des transports en commun explique des arrêts de travail plus courts qu’en moyenne nationale.

Enfin, le risque de développer une maladie professionnelle (qui, neuf fois sur dix, est un TMS, un trouble musculo-squelettique) est deux fois moindre en Ile-de-France que dans le reste du pays. Accidents ou maladies, quelques secteurs, cependant, sont particulièrement à risque : ceux de la construction, du transport et de l’entreposage, de l’hébergement et de la restauration, du commerce, mais aussi de l’hébergement médico-social, où les manipulations sont souvent difficiles et les sous-effectifs, structurels. Les accidents de trajets y atteignent aussi un ratio double de la moyenne.

A noter, deux départements franciliens, la Seine-et-Marne et le Val d’Oise, affichent des indicateurs moins bons que la moyenne nationale en matière d’accidents du travail : la part des emplois dans les secteurs accidentogènes y est très sensiblement supérieure. Si la structure de l’emploi francilien joue en sa faveur, il n’existe donc pas de miracle régional en matière de santé et sécurité au travail.

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