Pour la 5e édition de l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs diffusée le 8 juin, l’association GSC et la société Altares révèlent qu’en 2020, 7 713 chefs d’entreprise ont perdu leur activité professionnelle en Ile-de-France. Si « les mesures prises par le gouvernement dans le cadre de la crise de la Covid-19 ont protégé temporairement les dirigeants de la faillite », commente Anthony Streicher, le président de GSC pointe cependant « un niveau dramatiquement élevé ».

Malgré une diminution de 33,2 % en 2020 par rapport à 2019, contre – 31,4 % en France, l’Ile-de-France reste en effet la région française où le nombre d’entrepreneurs franciliens en situation de « chômage » est le plus élevé. L’ensemble du territoire est plus ou moins touché. Si Paris représente à elle seule près d’un tiers des pertes d’emploi de la région (2 454 dirigeants), c’est aussi le territoire, avec l’Essonne (631, – 23,1 %) où la baisse est la moins forte (- 26,5 %). Idem pour la Seine-Saint-Denis qui se positionne au second rang en nombre de dirigeants perdus (1 506), mais au troisième en termes d’évolution (- 33,7 %). Tous les autres départements affichent des baisses étonnamment importantes : – 35,6 % pour le Val-de-Marne (630), – 36,7 % pour la Seine-et-Marne (704), – 38,1 % pour le Val d’Oise (583) et – 39,1 % pour les Hauts-de-Seine (637). Le département des Yvelines est le plus épargné (- 45 %) avec 568 chefs d’entreprise qui ont perdu leur emploi en 2020 contre 831 en 2019.

Davantage de perte d’emploi 
en 2021 et 2022

Les dirigeants expérimentés sont les plus affectés par la perte de leur emploi. En effet, Altares et GSC révèlent que l’âge médian des dirigeants concernés en région Ile-de-France est de 47,7 ans, soit un an et demi de plus qu’en 2019. Enfin, tous les secteurs sont touchés. Cependant, la construction, le commerce et le service aux entreprises concentrent à eux trois près des deux tiers des pertes d’emploi de dirigeants de la région Capitale. Ainsi, 1 697 entrepreneurs de la construction ont été placés en liquidation judiciaire et 1 638 dirigeants de commerce ont perdu leur emploi en 2020. Quant au secteur de la restauration, il totalise plus des trois-quarts des chefs d’entreprise impactés.

« Ces chiffres doivent nous inciter à la plus grande prudence, car l’arrêt progressif des aides va provoquer un véritable raz-de-marée », redoute Anthony Streicher. « Notre devoir est de sauver et de protéger tous les entrepreneurs, qui créent de la richesse et des emplois dans nos territoires », ajoute-t-il. Aussi, le président de GSC a demandé au gouvernement que le plafond et les conditions d’accès à l’allocation des travailleurs indépendants (ATI) soient temporairement modifiés jusqu’au 30 juin 2022.

« L’horizon s’éclaircit enfin et la reprise se profile », constate de son côté Frédéric Barth, « mais avec elle, aussi, le durcissement du risque commercial et financier », prévient le directeur général d’Altares, anticipant que « le nombre de dirigeants en situation de perte d’emploi devrait augmenter en 2021 et plus encore en 2022 ».

Alors que les restaurants rouvrent leurs portes le 9 juin, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) anticipe que 100 000 salariés ne seraient pas au rendez-vous. En Ile-de-France, l’organisation patronale compte sur son partenariat avec Pôle emploi pour attirer les candidats

En France, « 100 000 salariés pourraient ne pas prendre ou reprendre leur poste selon l’Umih », relate Nadine Crinier sur le site de Pôle emploi Ile-de-France qu’elle dirige. « Ces besoins de recrutement ont été confirmés par la récente publication de l’enquête BMO* qui, pour la région Ile-de-France, place les métiers de serveurs de restaurants de café et de commis parmi les 20 métiers les plus recherchés. »

Même si ce secteur anticipe moins de recrutements en 2021 qu’en 2019, le secteur embauche « potentiellement de nombreuses personnes », indiquait cette enquête, notamment des serveurs avec 90 900 projets (- 7,2 % par rapport à 2019), des aides et employés polyvalents de cuisine avec 89 500 projets (- 4,7 %). Il faut dire qu’avec 97 000 établissements en région parisienne, le secteur café-hôtel-restauration est « une source d’emplois importante ».

Accompagner les établissements et les demandeurs d’emploi

Paradoxalement, dans la région Capitale, « pas moins de 62 000 personnes recherchent un emploi dans ce secteur dont 35 000 sur cinq métiers », indique également Nadine Crinier. « Toutefois, ajoute la directrice régionale, ce secteur est depuis la crise sanitaire l’un des secteurs les plus durement touchés avec un chiffre d’affaires en baisse de 84 % sur un an. »

Tout l’enjeu consiste donc à « accompagner les établissements et les demandeurs d’emploi » pour mettre en adéquation les besoins et contraintes des premiers avec les attentes et difficultés des seconds. Pour ce faire, Pôle emploi IDF dispose d’une palette d’intervention « très large » et « de moyens importants » selon la taille des établissements et des projets avec « des réponses spécifiques ».

L’institution mène de plus avec le conseil régional d’Ile-de-France une politique de formation « ambitieuse » pour anticiper les besoins des établissements à moyen et à long termes avec 4 000 places de formation disponibles d’ici à fin 2021 (soit 2 000 de plus en un an). « A ces stagiaires prochainement formés viendront s’ajouter 2 000 personnes qui sortiront de formation d’ici à fin juillet », indique également Nadine Crinier, créant « un vivier de compétences auxquelles des emplois seront rapidement proposés ».

« Des a priori qui ont encore la vie dure »

En complément de ces actions de formation « et quand cela est nécessaire, nous travaillons également à un réentraînement aux gestes professionnels », ajoute la directrice. Une démarche « particulièrement utiles pour les personnes de ce secteur qui n’ont pas travaillé depuis un an », afin de leur permettre de revoir les gestes et postures professionnels et de préparer leur future rencontre avec des employeurs. « Ce programme sera complété d’actions d’adaptation au travers de préparation opérationnelle à l’emploi », précise enfin Nadine Crinier.

Mais si « des formations existent, certaines ne sont pas ou peu pourvues en raison d’a priori qui ont encore la vie dure au sujet de ces métiers », déplore de son côté Franck Delvau, président de l’Umih Paris Ile-de-France. Aussi, « dans le cadre de notre travail avec Pôle emploi, il s’agira de mieux communiquer sur les opportunités, leurs réalités professionnelles sans oublier les rapides possibilités d’évolution, nombreuses dans le secteur ».

* Besoin en main d’œuvre – Pôle emploi – mai 2021.

Élisabeth Borne et Cédric O, respectivement ministre du Travail et secrétaire d’État chargé de la Transition numérique, ont annoncé, le 20 mai dans les locaux de la Pop school à Paris (11e arr.), une enveloppe de 90 millions d’euros pour financer 10 000 places supplémentaires en deux ans afin de former des personnes éloignées de l’emploi aux métiers du numérique.

Sans emploi ou en reconversion, diplômés ou non, Keltoum, Jean, Kewin, Vianney ou encore Pauline suivent à la Pop school, située rue de la Fontaine au Roi dans le 11e arrondissement à Paris, une formation aux métiers du numérique associant enseignement théorique et application pratique en entreprise. « Notre ambition est à la fois sociale et économique », a résumé Pierre Verlyck, directeur général, devant Élisabeth Borne et Cédric O, venus le 20 mai à la rencontre des apprenants en cybersécurité et internet des objets.

Tout l’enjeu de Pop school est de former des candidats aux besoins des entreprises qui parrainent des promotions à l’instar de Oxibox, une start-up spécialisée dans la cybersécurité qui a même recruté un stagiaire. « La formation inclusive est une chance pour la cybersécurité qui a besoin de talents », a fait valoir son dirigeant François Feugeas. De quoi conforter les deux ministres qui souhaitent donner un coup d’accélérateur à ce modèle mis en œuvre par des structures du type de Pop school, faisant partie des formations labellisées par la Grande école du numérique (GEN). Créée en 2016, la GEN a pour mission de répondre aux besoins en compétences dans les métiers du numérique, en ciblant notamment des personnes éloignées de l’emploi. En cinq ans, « 33 000 personnes ont bénéficié de ces parcours dont les trois quarts ont trouvé un emploi dans les six mois qui ont suivi la fin de leur parcours », s’est félicité Élisabeth Borne.

Création d’un observatoire national

Alors que la transition numérique de l’économie est en plein essor, le gouvernement souhaite permettre à tous les Français de pouvoir bénéficier des opportunités d’emploi qui en découle et qui s’élèverait, selon Cédric O, à 190 000 recrutements d’ici à 2022. « Et en priorité pour les publics peu qualifiés et situés dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville ou des zones de revitalisation rurale, ainsi que les publics féminins », a ajouté la ministre du Travail.
Pour ce faire, l’Etat compte démultiplier la force de frappe de la GEN en lançant quatre nouveaux projets. Le premier implique Pôle emploi qui vient de lancer un marché doté de 90 millions d’euros sur deux ans pour financer 10 000 places supplémentaires de formations « inclusives » vers les métiers du numérique.

« La GEN apportera à Pôle emploi toute son expertise en matière de sélection, de suivi et d’évaluation des formations qui débuteront à la rentrée prochaine », a indiqué Élisabeth Borne. « Afin d’enrichir l’offre de formations labellisées » qui en compte déjà 500, la GEN va de son côté lancer un appel à labellisation qui ciblera les mêmes priorités. La nouvelle feuille de route de la Grande école du numérique prévoit également le lancement d’un appel à projets « innovation » doté de 4 millions d’euros dont l’objectif est de cibler les projets innovants visant à mieux atteindre, former et accompagner les publics cibles de la GEN tout au long de leur formation et de leur insertion professionnelle. Enfin, un observatoire national de l’offre de formation et des compétences numériques sera mis en place au sein de la GEN.

Le cabinet de recrutement et de conseil s’est fixé une double mission : aider des « talents » à trouver le job qui leur convient et favoriser la réussite des jeunes entreprises qui grandissent. Après une petite pause en 2020, l’activité montre des signes de reprise.

« Nous constatons un nouveau dynamisme du marché avec une vraie reprise des demandes entrantes d’entreprises qui ont un besoin de recrutement depuis janvier (+ 30 %) et deux fois plus qu’à l’automne, se réjouit doublement Caroline Pailloux, présidente fondatrice d’Ignition program. Nous sommes [en effet] sollicités par de nouveaux clients que ceux avec lesquels nous travaillons habituellement », à savoir Ipso santé, Mano Mano, Cuure, Theodo, Agricool, Sézanne, Maddyness, Quitoque.

La particularité de ce cabinet de recrutement et de conseil créé en 2013 est d’être spécialisé sur le créneau des start-up et des sociétés en forte croissance, soit des entreprises dont les besoins en recrutement évoluent très rapidement. « Dans les faits, précise la dirigeante, cela se traduit par plusieurs centaines de start-up qui nous confient chaque année leurs processus de recrutement et par plusieurs centaines de candidats que l’on guide dans leur quête de sens et qui rejoignent les rangs de notre communauté. »

Bien cerner les compétences

Sur les 2 500 candidats qui postulent chaque mois, les équipes d’Ignition program en sélectionnent environ 10 %, en fonction de leurs capacités à entrer dans l’univers des start-up et de l’hyper croissance. « Nous sommes très sélectifs », reconnaît Caroline Pailloux, « car il ne s’agit pas uniquement de leur trouver un emploi, mais également de leur proposer une aventure entrepreneuriale ». Ignition program se targue par exemple d’être le seul cabinet de recrutement à proposer des offres d’association émanant d’entrepreneurs recherchant un associé ou des partenaires pour lancer un business.

Du côté des entreprises, Ignition program les aide à bien cerner les compétences dont elles ont besoin et à définir leurs fiches de poste. Parmi les métiers les plus demandés par ces sociétés, la plupart du temps digitales, figurent des commerciaux, des responsables marketing et des techniciens. Du côté des candidats, une fois sélectionnés, ils bénéficient d’un coach qui les conseille en fonction de leurs intérêts et de ceux du marché.

25 recrutements en interne

Ignition program prévoit de réaliser plus de 120 recrutements au cours du second trimestre 2021 contre 350 sur toute l’année 2020. Une bonne nouvelle car, jusqu’à présent, le marché était marqué par une « certaine frilosité des clients pour recruter », admet Caroline Pailloux, et qu’il était difficile de les rassurer au regard du contexte tant sanitaire qu’économique incertain.

Pour accompagner la montée en charge de l’activité, la dirigeante annonce également 25 recrutements en interne. L’effectif passera de 55 salariés à 80 fin 2021. « Nous recherchons côté entreprise, des profils de commerciaux qui sont également des consultants chargés d’identifier les besoins des recruteurs et les requalifier, détaille Caroline Pailloux. Et, côté candidat, des personnes en capacité de les coacher pour bien les comprendre et les orienter ».

Après HelloWork le 29 avril, Pôle emploi confirme cette semaine l’impact durable de la crise sur l’Ile-de-France. Mais alors que le dernier baromètre RegionsJob/ParisJob détrônait la région Capitale (- 3 points) du premier rang des régions françaises pour la placer derrière l’Auvergne-Rhône-Alpes (+ 2 points) pour le nombre de recrutements, Pôle emploi la maintient en tête du podium avec 477 333 projets d’embauches en 2021, soit 17,5 % des intentions nationales.

« Si l’Ile-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes voient leurs intentions d’embauche diminuer respectivement de – 3,1 % et – 3,7 %, elles restent celles qui recrutent le plus », souligne Pôle emploi, qui a présenté le 4 mai les résultats de l’enquête annuelle sur les besoins en main d’œuvre des entreprises réalisée entre octobre et début décembre 2020. Même si le contexte sanitaire et économique reste incertain, les employeurs franciliens indiquent à une large majorité (62,4 %) qu’ils auraient recruté autant sans la crise sanitaire. Près d’un quart d’entre eux l’envisagent en 2021 (22,7 % contre 22,3 % en 2019). Deux recrutements sur trois concernent un emploi durable, soit des CDI ou CDD de plus de six mois.

Forte baisse des projets à Paris

La répartition territoriale des intentions d’embauches révèle des disparités significatives entre les départements. Ainsi, près du tiers des projets annoncés (30,9 %) par les 70 000 entreprises franciliennes ayant répondu sur les 351 000 établissements sollicités, est concentré à Paris (147 572 projets de recrutement), suivi assez naturellement des Hauts-de-Seine (18,3 %) et de la Seine-Saint-Denis (10,1 %).

Mais c’est aussi à Paris que la baisse est la plus forte : – 15 % de projets par rapport à 2019, loin devant les départements où les intentions d’embauches régressent : – 9,8 % dans les Yvelines (42 473), – 2 % dans les Hauts-de-Seine (87 370), – 0,8 % en Essonne (35 782). Ces intentions sont particulièrement dynamiques dans le Val-de-Marne (42 027 intentions, + 13,9 %), la Seine-Saint-Denis (48 238, + 13,2 %) et la Seine-et-Marne (39 155 intentions, + 12,7 %). Quant au Val d’Oise, les projets sont en progression de 6,6 % (34 716 intentions).

Les 3/4 des recrutements concernent les services

Les trois quarts des recrutements (72 %) concernent les services (aux entreprises, la santé, le numérique, l’hôtellerie/restauration), suivi du commerce (13 %) et de la construction (9 %). A ce jour, le développement informatique est le secteur d’activité où les métiers sont les plus en tension, loin devant les agents d’entretien des locaux, agents de sécurité. Plus de 26 000 intentions de recrutement sont annoncées dans une large gamme de métiers : infographiste, développeurs web, codeurs, maquettiste numérique 3D…

Bien que les projets de recrutements saisonniers soient assez conséquents (53 597 en 2021), ils sont en retrait de 26 % par rapport à 2019. « Cela révèle que les entreprises doutent sur une reprise d’activité rapide », commente Stéphane Berger, directeur général adjoint Pôle emploi Ile-de-France.

A compter de début mai 2021, Le journal du Grand Paris des talents diffusera 15 000 offres d’emploi sélectionnées par l’Apec Ile-de-France. Son délégué régional, Guy Gustin, présente l’organisation de l’association pour l’emploi des cadres dans la région Capitale et la palette de services proposée tant aux demandeurs d’emploi qu’aux personnes en activité, ainsi qu’aux entreprises.

Comment est organisée l’association pour l’emploi des cadres (Apec) en Ile-de-France ?

Avec 1,4 million de cadres, la région Capitale rassemble le plus grand nombre de cadres de France. Dès lors, l’Apec dispose en Ile-de-France d’une organisation adaptée à cette forte présence, à savoir une équipe de 280 salariés (consultants en développement professionnels, consultants relations entreprise, conseillers clients) répartis dans neuf centres. Le principal se trouve à La Défense (plus de 60 personnes), cinq sont positionnés dans Paris intra-muros (Franklin Roosevelt, République, gare de Lyon, boulevard Brune et Ballard) et trois en banlieue à Vincennes (Val-de-Marne), Evry-Courcouronnes (Essonne) et Cergy-Pontoise (Val d’Oise). Mais le principe de notre fonctionnement est qu’un cadre peut choisir le centre qui lui convient le mieux en fonction de son lieu de travail ou de résidence. De plus, chacun de nos centres réalise l’ensemble des prestations proposées par l’Apec.

L’Apec n’est pas uniquement destinée aux cadres sans emploi ? 

Si près de la moitié (44,5 %) des personnes qui nous font appel sont des demandeurs d’emploi, le tiers (31 %) sont en activité. Ces derniers nous sollicitent par exemple lorsqu’ils pressentent que leur emploi est menacé et anticipent un éventuel licenciement. D’autres se renseignent sur la mobilité interne fonctionnelle ou géographique, ou sur la préparation de leur entretien annuel. Il faut avoir en tête que l’Apec est l’un des acteurs du CEP, le conseil en évaluation professionnelle.

Enfin, le reste de nos publics sont les jeunes diplômés qui arrivent sur le marché du travail. Ils ne sont pas encore cadres, mais nous les accueillons néanmoins pour les aider à trouver leur premier emploi. Cette action a été particulièrement mise en avant avec la crise sanitaire au travers du dispositif « Objectif premier emploi » qui a pour objectif d’accompagner vers l’emploi 50 000 jeunes en France entre septembre 2020 et juillet 2021.

Proposez-vous d’autres dispositifs adaptés à des publics spécifiques ? 

L’Apec a aussi vocation à accompagner les seniors à partir de 55 ans et les cadres demandeurs d’emploi de longue durée, soit plus de deux ans, par le biais de séminaires afin de les remotiver et de bâtir un projet professionnel. Nous menons aussi des actions en faveur des jeunes résidents en QPV (quartiers prioritaires de la politique de la ville). En retour des cotisations acquittées par les entreprises, ces dernières bénéficient également d’un certain nombre de services.

Quels sont-ils ?

En premier lieu, il s’agit de la diffusion de leurs offres d’emploi. Nous pouvons aussi les aider à rédiger ces offres, ce qui est surtout utile pour les PME ne disposant pas en interne des ressources nécessaires. Il en est de même pour le sourcing, c’est-à-dire la présélection de candidats permettant de retenir cinq ou dix profils pertinents par rapport aux besoins de l’entreprise.

Enfin, nous informons les dirigeants sur les nouveaux dispositifs réglementaires tels que la mise en place de l’index de l’égalité professionnelle obligatoire pour toutes les entreprises d’au moins 50 salariés ou la mise en place de l’entretien professionnel, rendez-vous entre le salarié et l’employeur obligatoire tous les deux ans. En Ile-de-France, nous disposons de 17 consultants spécialisés dans l’accompagnement des entreprises.

Que peut apporter le partenariat avec Le journal du Grand Paris à l’Apec Ile-de-France ? 

La diffusion de nos offres d’emploi ciblées sur 20 secteurs (lire par ailleurs) leur offrira une visibilité encore plus grande, ce qui ne peut être que bénéfique tant pour les cadres sans emploi dans cette période particulièrement difficile que traverse l’Ile-de-France, que pour les employeurs qui préparent la reprise et recherchent de nouvelles compétences.

Elisabeth Borne (travail, emploi et insertion), Emmanuelle Wargon (logement) et Nadia Hai (ville) : trois ministres s’étaient déplacées, le 15 avril, à Evry-Courcouronnes (Essonne) pour signer avec le président de la Fédération française du bâtiment (FFB), Olivier Salleron, une convention nationale « 15 000 jeunes talents bâtisseurs ». Son objet : favoriser l’accès aux entreprises du bâtiment à 15 000 jeunes, demandeurs d’emploi et stagiaires issus prioritairement des quartiers de la politique de la ville (QPV) et réfugiés en situation régulière. Et ce, sur la période 2021-2022.

Que cette signature ait eu lieu dans la région Capitale n’a rien d’un hasard. « Nous sommes le cœur du réacteur », explique Philippe Servalli, premier vice-président de la Fédération française du bâtiment Grand Paris. A elle seule, l’Ile-de-France avait représenté 9 400 des 21 000 embauches en CDD et CDI qu’avait permises la précédente opération menée en 2018-2019, soit près de 45 % du total. Le quart des recrutements nationaux (27 %) avaient été réalisés sur le seul territoire de la petite couronne.

46 000 recrutements d’ici à 2025

Si le premier confinement l’a profondément affectée, la branche reste confrontée à des besoins en main d’œuvre chroniques, accentués en Ile-de-France par les chantiers du Grand Paris express, des JOP 2024 et de la dynamique qu’ils impulsent. En 2019, la FFB Ile-de-France avait chiffré le besoin de recrutement en ouvriers à 46 000 sous cinq ans. « Si l’on ne veut pas avoir un recours accru aux travailleurs détachés, il nous faut donc dynamiser notre politique de recrutement », conclut le vice-président de la FFB Grand Paris, qui poursuit : « tel est l’objectif de “5 000 jeunes talents bâtisseurs”. L’impulsion de l’Etat fait que tous les organismes se retrouvent, dans chaque région, autour d’une table pour mener une action concertée. Cela nous donne un petit surcroît de “peps” pour aller chercher les jeunes et les faire venir à nous. »

Concrètement, les trois ministères s’engagent, en lien avec les services de l’État, les conseils régionaux et départementaux, à mobiliser les acteurs du service public de l’emploi, ainsi que les réseaux associatifs pour identifier les jeunes, demandeurs d’emploi et réfugiés concernés. La FFB renforce, elle, ses actions d’information sur les métiers du bâtiment et mobilise ses dispositifs de formation. Le protocole ne fait pas l’objet d’un financement particulier, mais bénéficie des aides en vigueur, prévues notamment dans le plan « 1 jeune, 1 solution », ainsi que du plan d’investissement sur les compétences (PIC).

Quels sont les métiers qui résistent le mieux à la crise ? Quelles sont les filières clés sur le territoire ? Où trouver une formation adaptée à son profil et à ses besoins ? Afin de répondre concrètement à ces questions, le groupement d’intérêt public (GIP) Paris CDG alliance (*) vient de mettre en ligne un « observatoire dynamique du territoire » qui « permet aux usagers de découvrir les filières principales de Paris-CDG et ses environs », à savoir le territoire qui s’étend sur les trois départements d’emprise du bassin économique d’emploi Grand Roissy-Le Bourget (Seine-et-Marne, Seine-Saint-Denis et Val d’Oise), ainsi que « les métiers qui recrutent et les formations qui y mènent », a annoncé le GIP le 13 avril.

Valoriser les métiers porteurs

L’observatoire dynamique « concrétise la volonté des membres de Paris CDG alliance de valoriser, auprès des habitants, les métiers porteurs sur leur bassin de vie et d’emploi, présente le GIP. Il permet à chacun de naviguer librement et découvrir les filières et les métiers les plus recherchés ou encore l’offre de formation du territoire ».

Conçu en partenariat avec le Groupe ADP, la Direccte (intégrée depuis le 1er avril au sein de la Drieets), Pôle emploi, le conseil départemental du Val d’Oise, la Maison de l’emploi Roissy Pays de France, l’opérateur de compétences Akto, l’Institut Paris Region et Défi métiers, cette plateforme web propose deux espaces : l’un dédié au grand public, l’autre plus spécifiquement ciblé vers les professionnels de l’emploi-formation. Sur le premier, où sont notamment diffusées les offres d’emploi, l’utilisateur peut adapter son projet professionnel au regard des besoins du territoire en s’appuyant sur les ressources mises à disposition (fiches métiers, témoignages, cartographies de l’offre de formation, etc.).

Faciliter l’accès aux informations

L’espace professionnel, quant à lui, centralise des données issues de différentes sources (Insee, Acoss, Pôle emploi, Paris CDG alliance) sur l’emploi, la formation, la socio-démographie ou encore sur la mobilité des personnes résidant ou travaillant sur le territoire, cela à différentes échelles : région, départements, intercommunalités, bassins d’emploi… Cet observatoire a en effet « été créé afin de faciliter l’accès à ces informations, disséminées jusqu’à présent sur différents sites et qui sont désormais accessibles depuis un seul et unique site », fait valoir Paris CDG alliance, qui précise que l’outil continuera d’évoluer afin de mieux répondre aux besoins des usagers.

 

(*) Les membres de Paris CDG alliance sont l’Etat, la région Ile-de-France, le Groupe ADP, Air France, les départements de la Seine-et-Marne, de la Seine-Saint-Denis et du Val d’Oise, les intercommunalités Paris Terres d’Envol et Roissy Pays de France, la CCI et la CMA IDF.

Air France, Aéroports de Paris, Servair, Connecting bag services… Les suppressions d’emplois et licenciements s’enchaînent à cause de la chute du trafic aérien, qui ne se remettra pas de sitôt de la crise. Des sous-traitants du secteur aéroportuaire à l’hôtellerie restauration, ses effets sont fortement ressentis dans les communes voisines de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, victimes d’une très forte spécialisation de leurs activités.

« Sur 1 000 administrés, 300 ou 400 travaillent sur le plateau de Charles-de-Gaulle. Des couples sont au chômage technique depuis plus d’un an, qui veulent vendre leur maison et demandent un appartement. Je vois des dossiers inédits arriver au sein de mon CCAS (centre communal d’action sociale) », constate Alain Aubry, maire du Mesnil-Amelot et président de Roissy dev aerotropolis, l’agence de développement économique de la communauté d’agglomération Roissy Pays de France. Le groupement d’intérêt public Paris CDG alliance qui couvre le bassin d’emploi Grand Roissy-Le Bourget estime qu’il y a 10 000 salariés au chômage partiel depuis un an. Alors que l’activité aéroportuaire, florissante avant la crise, dopait les créations d’emploi des territoires alentour, les élus locaux sont pris de court.

+ 15 % de demandeurs d’emploi

Si les collectivités aident les entreprises sur le plan économique, notamment à travers le fonds Résilience, elles peinent à prévenir les conséquences sociales de la crise. Malgré les efforts de Roissy dev aerotropolis pour promouvoir le prêt de main d’œuvre entre employeurs, « les entreprises n’arrivent pas à s’en saisir », constate Delphine Goniaux, directrice de la maison de l’emploi Roissy Pays de France. D’où l’espoir que suscite le dispositif gouvernemental « Transitions collectives », auquel participe le GIP Paris CDG alliance. Il vise au moins un millier de reconversions de salariés sans passer par la case chômage (voir encadré).

Dans la zone d’emploi de Roissy, le nombre de demandeurs d’emploi (catégorie A) a déjà augmenté de 15 % en 2020, selon la Direccte Ile-de-France. Pour ces profils, les élus locaux misent aussi sur l’outil traditionnel de la formation dans l’objectif de concrétiser les réorientations ou reconversions professionnelles. « Dans ce domaine, il faut pouvoir se former dans les villes alentour », estime Frank Cannarozzo. A Aulnay-sous-Bois, il attend, d’ici à la fin de l’année, l’ouverture d’un « campus des métiers du numérique qui pourra accueillir 400 personnes ». « Il faut nous assurer que tous nos jeunes aient accès aux formations pour occuper des emplois plus qualifiés », abonde aussi Alain Aubry. Roissy Pays de France étant à cheval sur deux académies, la communauté d’agglomération travaille, avec les rectorats concernés de l’Éducation nationale, à faciliter l’accès aux formations d’un département à un autre pour éviter toute perte d’opportunité.

Relancés par Jean-Michel Blanquer, les campus des métiers et des qualifications sont reconnus pour certains comme d’excellence. Trois nouveaux situés en Ile-de-France ont été annoncés le 18 mars : le campus Métiers de la sécurité (Cergy Paris Université) et les campus Santé, autonomie, bien vieillir et Transition numérique et écologique de la construction (Université Paris-Est-Créteil-Val-de-Marne).

Paradoxe : cette mention d’excellence est attribuée à des structures… qui ne fonctionnent pas encore réellement. « C’est vrai que c’est un peu étonnant, admet Jérôme Morges, directeur opérationnel du campus Sécurité. Mais l’idée est de remplir un certain nombre de critères, en particulier une ouverture sur l’international, une dimension recherche et la création d’un lieu totem. Ce dernier point se concrétisera en 2024 lorsque l’IUT d’Argenteuil, qui fait partie de Cergy Paris Université, regroupera ses activités. En attendant, nous sommes installés dans les anciens Bains douches de la ville. »

Le campus Sécurité opérationnel

Le campus Sécurité a en tout cas déjà une activité opérationnelle. « Depuis novembre 2020, nous accueillons 40 élèves sur trois formations initiales et huit autres en formation continue. L’objectif est d’en accueillir 6 000 par an, même si cela ne correspondra pour certains qu’à un simple module pour des élèves d’autres formation », explique Jérôme Morges.

Les choses sont moins avancées pour le campus Santé. « Nous allons bientôt tenir le premier comité de pilotage, reconnait Clémence Gros, responsable du service d’aide au pilotage de l’Université. Quant au lieu d’incarnation du campus, il se matérialisera en 2025 dans le domaine de Chérioux (Vitry-sur-Seine) sur lequel doit être aménagé un Innovation lab et un appartement connecté. Avant cela, l’activité du campus se concrétisera dans des formations existantes. Nous allons aussi élaborer de nouveaux parcours. » Le campus Construction est déjà, lui, accueilli à la Cité Descartes (Marne-la-Vallée). « Nous avons commencé le premier comité de pilotage », signale Clémence Gros. Il propose des parcours du CAP au niveau 8, sur les trois voies de formation.

La Région finance

Si ces campus ont une vocation nationale, ils auront une coloration locale et pas seulement parce que la Région finance le salaire du directeur et une partie des fonds de lancement : « Pour le campus Santé, nous avons lancé des actions avec des lycées pro du territoire. Et pour le campus Construction, nous avons noué un partenariat avec la FFB IDF est pour impliquer les PME-TPE qui manquent de compétences dans le domaine de la transition numérique et écologique », rapporte le vice-président du conseil d’administration de l’Upec, Amilcar Bernardino. Même logique pour le campus Sécurité, ainsi que l’indique Jérôme Borges : « La plus grande part des élèves viennent de lycées et de l’enseignement d’Ile-de-France et, pour la formation continue, des entreprises de la région. »

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