La cellule économique régionale de la construction Ile-de-France (CERC-IDF) et l’observatoire des métiers du BTP ont récemment publié deux tableaux de bord régionaux, l’un pour le bâtiment et l’autre pour les travaux publics. Ceux-ci présentent les spécificités territoriales en Ile-de-France liées à l’activité, à l’emploi et à la formation, ainsi que les tendances et baromètres prospectifs par métier. Parmi les enseignements, il ressort qu’ à fin 2020, les entreprises franciliennes du bâtiment sont fortement concentrées autour du Bassin parisien, essentiellement sur Paris (15 % des entreprises) et la petite couronne (56,3%).

Dans la région Capitale, le secteur du bâtiment et des travaux publics mobilise 264 910 salariés et 31 454 travailleurs non-salariés, dont 210 950 salariés et 30 784 travailleurs non-salariés dans le seul bâtiment. Il s’agit pour la grande majorité (60,3 %) d’ouvriers dont 47 % sont peu qualifiés. Dans le bâtiment, les deux tiers des salariés (137 772) travaillent dans la production, les autres étant techniciens et cadres (32 262), ou administratifs et commerciaux (40 916). Le secteur ne compte que 12 % de femmes dont quasiment aucune dans la production.

Les entreprises du bâtiment font appel à plus de 14 000 intérimaires. Mais avec 5,2 intérimaires pour 100 salariés contre 7,2 en France, « la région Ile-de-France a moins recours à l’emploi intérimaire que la France », signale la cellule économique régionale de la construction Ile-de-France. La région compte également près de 52 000 demandeurs d’emploi dans le bâtiment, plus ou moins qualifiés et « donc moins aisément mobilisables ».

18 154 jeunes en formation initiale

« Les entrepreneurs du secteur doivent affronter une partie de turn-over (22,8 %) plus élevé qu’au niveau national et des difficultés de recrutement », pointe également la CERC-IDF. Dans les métiers de la production, la moitié (50,8 %) des recrutements est jugée difficile. L’étude estime en outre que pour répondre aux départs définitifs (départs en retraite, sorties définitives du secteur, etc.), mais également aux recrutements liés à l’activité, le secteur du BTP a besoin d’ici à 2026 de 13 300 primo-arrivants chaque année sur les métiers ouvriers et de la production, dont 10 750 pour le bâtiment. Il s’agit notamment de maçons (3 405), de peintres (2 133), d’électriciens (1 283) et de menuisiers (934).

En Ile-de-France, 18 154 jeunes suivent une formation initiale aux métiers du BTP dont 58 % par la voie scolaire et 42 % en apprentissage. Près d’un sur deux (47 %) prépare un diplôme de niveau 3 (CAP, BEP). Les apprentis du secteur sont employés pour 27 % d’entre eux dans une entreprise comptant moins de dix salariés et près de la moitié (49 %) dans une entreprise de 50 salariés et plus. C’est le bâtiment qui emploie le plus d’alternants.

En 2020, 31 856 salariés des entreprises du bâtiment et des travaux publics d’Ile-de-France ont suivi une formation continue et 1 145 salariés étaient en contrat de professionnalisation. La CERC-IDF constate des disparités dans le recours à la formation entre la taille des entreprises. Ainsi, dans le bâtiment, le recours à la formation continue est concentré sur les entreprises de plus de dix salariés et sur certains corps d’état (maçonnerie, électricité, chauffage/génie climatique). Dans les travaux publics, les formés se concentrent dans les grandes entreprises et dans certaines spécialités (terrassement, génie civil, construction de routes, canalisations).

Vague épidémique liée au variant Omicron, difficultés d’approvisionnement en matières premières, puis début du conflit russo-ukrainien… le début de l’année 2022 a donné un coup de frein à la reprise soutenue de fin 2021 et est venue saper le moral des dirigeants. Ainsi, la confiance des entreprises dans l’évolution de leur carnet de commandes (72 %) a reculé de six points en trois mois, mais elle reste toutefois à un niveau élevé, de sept points au-dessus de celui de début 2021. Seules 10 % des entreprises redoutent une dégradation de leur activité à court terme. « Les entreprises industrielles sont dans une configuration différente », souligne l’Apec dans son baromètre du 2e trimestre 2022 diffusé le 27 avril. « L’altération de leur confiance est plus marquée (67 %, – 12 points en trois mois, – 3 points sur un an) dans ce secteur qui anticipe davantage de dégradation de l’activité dans les trois mois à venir (15 %, + 6 points) ».

Les offres d’emploi de cadres ont également conservé une bonne dynamique au cours du 1er trimestre, progressant de 16 % par rapport au trimestre précédent, soit 168 900, et de 11 % par rapport au 1er trimestre 2019 (152 100). En Ile-de-France, avec 59 791 offres d’emplois de cadres au 1er trimestre 2022 contre 40 732 au 1er trimestre 2021, leur nombre a certes bien augmenté en un an, mais sans atteindre encore le niveau de 2019 (62 265 offres d’emplois de cadres, – 4 %). Dans le top 5 des métiers concentrant le plus d’offres dans la région Capitale, figurent le développement informatique, la comptabilité, la gestion de projets informatiques, le recrutement et la gestion de carrière, puis les infrastructures et systèmes informatiques.

La proportion des entreprises ayant finalisé au moins un recrutement de cadre début 2022 a aussi progressé (13 % ; + 3 points), notamment dans les services à forte valeur ajoutée (+ 11 points). « Si les grandes structures sont restées les plus nombreuses à recruter (62 % ; – 1 point) ce sont les TPE (8 % ; + 5 points) et les PME qui ont porté la dynamique (20 % ; + 3 points) », commente l’Apec.

Des tensions sur les recrutements toujours élevées

Dès lors, les tensions sur les recrutements sont restées élevées puisque 69 % des entreprises ayant embauché des cadres au 1er trimestre jugent qu’il a été effectivement difficile de le faire, soit huit points de plus qu’au trimestre précédent. Et malgré la frilosité ambiante, la grande majorité des entreprises a des postes de cadres à pourvoir, qu’il s’agisse des TPE (71 %), des PME (57 %) ou des grands groupes (61 %).

Dans ce contexte, les intentions de recrutement pour l’année 2022 sont revues à la baisse en France : 282 000 projets d’embauches de cadres sont prévus cette année contre 289 300 annoncés fin 2021. Alors que ces prévisions de recrutement auraient dû progresser de 3 % par rapport à 2019 (année de référence pré-Covid) et de 8 % par rapport à 2021, elles permettent tout juste de retrouver le niveau d’avant crise sanitaire, soit 281 300, et progresseront malgré tout de 5 % comparé à l’année passée (269 100). En Ile-de-France, si avec 134 600 intentions d’embauches de cadres, soit près de la moitié du total des projets prévus en France, celles-ci restent très élevées, elles demeurent stables par rapport à 2019 et progressent de 5 % comparé à 2021.

Seules trois régions seraient épargnées en France par le recul des projets d’embauches par rapport à 2019, à savoir la Bretagne (+ 11 % par rapport à 2019), Provence-Alpes-Côte d’Azur (+ 5 %) et la Nouvelle Aquitaine (+ 2 %).

Parmi les grandes entreprises, qui sont celles qui emploient le plus de cadres, plus d’une sur deux (58 %) compte réduire ses intentions de recrutement (- 9 points), alors que celles-ci ne baissent que de 3 points dans les PME. Si elles diminuent dans l’industrie (- 3 points à 11 %), elles se maintiennent dans les services (20 %). Cependant, malgré cette correction, les intentions de recrutement, notamment des grands groupes, restent au-dessus du niveau enregistré les trimestres précédents (+ 9 points par rapport à juin 2021, + 3 points par rapport à septembre 2021). « Le volume d’offres d’emploi cadre devrait toutefois rester élevé au 2e trimestre 2022 », anticipe Gilles Gateau, directeur général de l’Apec. La part d’entreprises prévoyant de publier des offres d’emploi cadre se maintient à 11 % et les entreprises des services à forte valeur ajoutée s’annoncent particulièrement actives (18 % ; + 4 points).

La traditionnelle enquête de Pôle emploi sur les « besoins en main-d’œuvre des entreprises » pour l’année 2022 fait état pour l’Ile-de-France de 532 982 intentions d’embauches, soit près de 12 % de plus qu’en 2021. De quoi compliquer encore davantage les difficultés de recrutement.

« Les résultats de l’enquête BMO 2022 (dévoilés le 6 avril, ndlr) reflètent le fort dynamisme de l’activité actuelle : le nombre de projets de recrutement est à un niveau jamais atteint, et les difficultés de recrutement sont également à leur plus haut niveau historique », reconnait-on à Pôle emploi. Un constat à temporiser toutefois avec les doubles incertitudes liées d’une part à la crise ukrainienne et d’autre part à la pandémie de Covid-19. « A ce jour, nous ne remarquons encore aucun ralentissement et les offres restent très dynamiques », prévient toutefois le service public de l’emploi.

Ainsi, les quelque 64 700 entreprises franciliennes ayant répondu au sondage de Pôle emploi fin 2021, sur les 302 000 établissements interrogés, font état de 532 982 projets de recrutements cette année, soit une progression de 11,7 % par rapport à 2021 et de 8 % par rapport à 2019. Cela représente 17,5 % des 982 intentions d’embauches nationales. 28,3 % des établissements franciliens envisagent de recruter contre 22,7 % l’an dernier. Il s’agit en majorité de CDI (43,5 %), mais aussi de CCD de six mois et plus (7,4 %).

Avec 160 904 intentions d’embauches, Paris rassemble le plus grand nombre de projets de recrutement, soit près de 30 % des projets franciliens. Mais la progression est moins importante que dans le reste de la région (+ 9 %). Les Hauts-de-Seine arrivent en second avec 85 555 projets de recrutement (16,1 % des projets franciliens). Cependant, ce niveau est en retrait de 2,1 %, « cette baisse s’explique probablement par la diminution des intentions d’embauches dans le secteur de l’informatique dont le poids est particulièrement important dans ce département », analyse Hélène Moutel, directrice régionale adjointe de Pôle emploi Ile-de-France. Les deux territoires représentent quasiment une intention d’embauche sur deux de la région. Les centres de décision (sièges sociaux de grands groupes) présents à Paris tout comme dans les Hauts-de-Seine (La Défense) expliquent, selon Pôle emploi, cette forte concentration des projets de recrutements.

Mais c’est dans les Yvelines (+ 20,6 %, 52 215) et en Seine-et-Marne (+ 20 %, 47 004) que la progression des intentions d’embauches est la plus forte, « boostées dans ce dernier par la croissance des secteurs de l’agroalimentaire (+ 51 %) et de l’hôtellerie-restauration (+ 40 %) », explique Hélène Moutel. En Seine-Saint-Denis aussi l’évolution est importante (+ 19,1 %, 57 430). Parmi le top 3 des métiers les plus recherchés figurent les agents de sécurité et de surveillance, les agents d’entretien de locaux. Dans le Val-de-Marne, le nombre de recrutements envisagés par les employeurs (48 961) croît de 16,5 % par rapport à 2021.

La pénurie de candidats, première cause des difficultés de recrutement

Les métiers d’artistes, professeurs d’art (musique, danse, spectacles) concentrent le plus d’intentions de recrutement en 2022 (pour la plupart en contrat saisonnier), suivis des « ingénieurs et cadres d’études, chefs de projets informatiques ». Parmi les profils les plus recherchés, on retrouve aussi des métiers en lien avec la reprise des activités post crise sanitaire (employés polyvalents de cuisine, agents d’entretien de locaux, serveurs de cafés, de restaurants et commis, etc.), ainsi que ceux du commerce et de la construction (ouvriers non qualifiés du second et du gros œuvre, maçons, plombiers, chauffagistes) sont les plus recherchés.

Les difficultés de recrutement suivent la même évolution en progressant de 8,8 points en un an, ce qui fait que près de la moitié des projets d’embauches (45,4 %) sont jugés difficiles. Mais il est, semble-t-il, moins difficile d’embaucher en Ile-de-France que dans le reste du pays où 58 % des projets sont jugés difficiles. Le secteur de la construction, avec un total de 49 915 projets, présente le plus de difficultés de recrutement en Ile-de-France (60,9 %). L’IAA (industrie agro-alimentaire) et l’agriculture, l’industrie manufacturière et le secteur des services sont relativement proche du taux régional (45,4%).

Les premières causes de ces difficultés proviennent en majorité, selon les employeurs, de la pénurie de candidats (+ 10 points en un an), de leur inadéquation aux postes et du déficit d’attractivité des métiers en tension (+ 5 points). « Pour remédier à ces difficultés, les dirigeants misent sur la formation des candidats », indique Hélène Moutel, rappelant que 150 000 places de formation sont disponibles en Ile-de-France cette année. Entre fin mars 2021 et fin mars 2022, les entrées en formation ont progressé de 10 % dans la région. « Six employeurs sur dix comptent faire appel à Pôle emploi pour leurs recrutements et 41,9 % à d’autres intermédiaires spécialisés », souligne également Hélène Moutel.

Les prestigieux salons de l’hôtel de Noirmoutier rue de Grenelle à Paris (7e arr.) ont accueilli une rencontre inédite le 16 mars 2022, comme l’a lui-même souligné l’hôte des lieux, « très content » que sa résidence, plutôt réservée à l’administration, soit « remplie de chefs d’entreprise ». Marc Guillaume a rappelé le contexte tout aussi inédit de tensions sur le marché de l’emploi. « En 30 ans de carrière, je n’avais jamais rencontré cette situation dans laquelle le chômage baisse et les entreprises peinent à recruter[insec]», a reconnu le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, devant ses invités mettant en avant la formule « innovante » que les services de l’Etat chargés de l’emploi leur proposent par cette soirée d’échanges.

Répartis par kiosques, Drieets (Direction régionale et interdépartementale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités), Pôle emploi, Cap emploi 75, chambre de commerce et d’industrie (CCI) et autres divers services publics ont accueilli les dirigeants parisiens pour tenter de les aider à résoudre leurs problèmes de recrutements qui s’accroissent au fur et à mesure de la reprise économique.

110 postes à pourvoir chez Paris habitat…

De l’avis général des entrepreneurs présents, le marché du recrutement est plus tendu qu’avant la crise sanitaire. Ainsi, par exemple, Paris habitat propose 110 postes en CDD et en CDI. « Nous recrutons sur tous les métiers du logement social[insec]: gardien d’immeuble, fonctions techniques, accueil, gestion locative », a précisé Geneviève Pautou, cheffe de service développement RH du bailleur social, venue à la préfecture ce soir-là pour savoir comment monter deux opérations. La première serait une semaine de recrutement sans CV en juin ou septembre, « pour s’ouvrir à des profils atypiques et créer des promotions d’ouvriers de régie », a-t-elle détaillé, sachant que 250 des 2 800 collaborateurs de Paris habitat travaillent dans ces régies comme ouvriers du bâtiment (plombiers, électriciens, serruriers, jardiniers), soit des « métiers très en tension », a souligné également Geneviève Pautou, dont la deuxième action consisterait à attirer les jeunes en les accompagnant à la sortie de missions locales. « Nous souhaiterions travailler sur des promotions d’alternants pour guider les jeunes vers nos métiers », espère la cheffe de service développement RH.

… et 1 200 dans l’hôtellerie de luxe

Le Club des dirigeants de l’hôtellerie internationale et de prestige (plus de 200 établissements 4 et 5 étoiles et des palaces, situés essentiellement à Paris et en région parisienne) annonce de son côté 1 200 offres à pourvoir en 2022 et estime à 1[insec]800 les besoins en 2023 et 2024 dans la perspective des grands événements sportifs mondiaux (Coupe du monde de rugby et JOP) et du fait de l’ouverture de nouveaux établissements (de + 7 % à + 8 % chambres par rapport à la capacité actuelle).

« Nous recherchons des personnes pour compenser les 7 % de salariés perdus depuis le Covid », a indiqué Alain Raluy. « Mais aussi des profils nouveaux, car les exigences de la clientèle changent, ce qui nécessite d’individualiser davantage le service, de savoir faire preuve de spontanéité », détaille le président du Comité des directeurs des ressources humaines du Club, qui regrette les défaillances des circuits habituels de recrutement. « Les référentiels sont obsolètes », constate-t-il, un commis de cuisine doit par exemple obligatoirement avoir un CAP, ce qui est « un non-sens », selon lui. Le secteur peine de plus à attirer malgré une revalorisation des salaires de plus de 16 % et un engagement à recruter à un niveau de salaire au moins équivalent à 105 % du Smic.

« Personne n’a de solution »

L’attractivité était quasiment le maître mot de cette soirée. Claire de Saint-Denis, directrice opérationnelle du groupe hôtelier Honotel, a de fait déploré « le manque de candidatures ». Le groupe, qui gère une quinzaine d’hôtels 3 et 4 étoiles à Paris, en majorité dans le 8e arrondissement, recherche notamment des femmes de chambre, des réceptionnistes, des chefs de réception… « Nous ne recevons pas de bon profil pour manager par exemple », constate Claire de Saint-Denis.

Ces difficultés pourraient fragiliser des hôtels, alors que l’activité repart de plus belle. « Certains établissements sont parfois contraints de bloquer des chambres faute de personnel », prévient la directrice opérationnelle, rassurée par les quelques « bonnes idées » glanées auprès des services de l’emploi pour, entre autres, mieux recruter, avoir davantage de candidatures et recruter dans la durée.

Mais pour Catalina Andrei-Brun, responsable d’une agence d’intérim d’insertion A2i, chargée de recrutement pour les entreprises du bâtiment, les difficultés proviennent surtout « d’un manque de motivation ». Venue à la préfecture de région pour trouver des solutions, elle fait le douloureux constat que « personne n’a de solution ». Selon elle, « il y a trop de dispositifs et surtout on donne davantage d’importance aux droits qu’aux devoirs ».

« L’industrie souffre d’un manque de notoriété et donc d’un déficit d’attractivité », déplore Bruno Berthet. Pour le président du Groupe des industries métallurgiques (GIM) d’Ile-de-France, ce double constat proviendrait du fait que « beaucoup de gens ne savent pas à quoi sert l’industrie » qu’ils relèguent volontiers vers les pays en voie de développement. Mais, « la crise sanitaire a révélé que c’était une vraie erreur d’appréciation », poursuit Bruno Berthet, rappelant que « la France est beaucoup plus désindustrialisée que l’Allemagne et l’Italie ».

Si la stratégie engagée depuis deux ans en faveur de la réindustrialisation de l’Hexagone va dans le bon sens, reste à pouvoir accompagner le mouvement. Or, les problèmes de recrutement freinent la capacité de développement des entreprises industrielles et en particulier celle de la métallurgie. Outre le manque d’attractivité, plusieurs raisons expliqueraient ce phénomène : les nombreux départs en retraite qui accroissent la demande, la désaffection de la société pour les sujets techniques et scientifiques, mais aussi les conséquences de la crise sanitaire. « Nous avons du mal à retrouver un certain nombre de personnes qui ont quitté nos secteurs d’activité au plus fort de la crise, les intérimaires notamment qui se sont orientés vers d’autres métiers et qui mettent un peu de temps à revenir », constate l’industriel.

Ainsi, l’industrie en Ile-de-France recrute environ 10 000 personnes par an pour accompagner le niveau de croissance actuel et « ces volumes devraient augmenter dans les prochains mois », assure le président du GIM francilien. Le site Lindustrie-recrute.fr recense plus 3 000 postes à pourvoir dans la région. « Actuellement, investir ne pose pas de problème quand on a un beau projet, en revanche la capacité à trouver des talents est une vraie difficulté », confirme Bruno Berthet. Certes les événements géostratégiques qui impactent l’Europe pourraient freiner ce rebond, mais probablement pas à moyen terme, selon le GIM d’Ile-de-France qui rassemble plus de 2 000 entreprises des industries métallurgiques et technologiques.

5 000 apprentis dans cinq CFA

La filière aéronautique boostée par l’augmentation des cadences d’Airbus, le bâtiment qui fait appel à la métallurgie pour les appareils de chauffage et de climatisation ou encore la fabrication de machines spéciales pour l’industrie qui sont de plus en plus numérisées (centre d’usinage numérique par exemple), la demande couvre un important spectre d’activités et un tout aussi large éventail de métiers. Ceux-ci vont des postes très manuels comme le chaudronnier à des métiers indirects comme le comptable ou le docteur en cyber sécurité.

« L’industrie s’est beaucoup digitalisée dans le cadre d’une vraie évolution vers l’industrie 4.0 avec une montée en gamme d’un certain nombre de postes », fait également valoir Bruno Berthet. Les machines numériques font appel à tout une série de métiers aussi différents que complémentaires : du concepteur de la machine au contrôleur des pièces produites en passant par le programmeur qui adapte le logiciel à une tâche particulière et l’accompagnateur du robot.
Pour inverser la tendance, le GIM d’Ile-de-France mise beaucoup sur la formation professionnelle. Depuis trois ans, les capacités de formation en alternance progressent de 10 % par an, ce qui porte à 5 000 le nombre d’apprentis accueillis dans les cinq CFA (Centre de formation des apprentis) franciliens du groupe Aforp, le pôle formation de l’UIMM (Union des industries et des métiers de la métallurgie)/GIM en Ile-de-France. Le dernier a été inauguré en juillet 2021 à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis). « Plus qu’un centre de formation, c’est un lieu de vie, une vitrine de l’industrie et des métiers du numérique », souligne l’Aforp.

Pour réussir à recruter, les employeurs n’ont pas encore tout essayé… C’est, en substance, le message que veut faire passer Pôle emploi en cette année 2022 où s’exacerbent les tensions de recrutement. Musclant depuis plusieurs années ses équipes de « conseillers entreprises », l’opérateur public dispose aujourd’hui d’un bon aperçu des pratiques des recruteurs privés. « Il faut faire bouger les lignes des processus de recrutement », a souligné la directrice de Pôle emploi en Ile-de-France, Nadine Crinier, à l’occasion d’un bilan de l’année 2021 le 16 février 2022. Au-delà de la visibilité des offres, « très importante », elle appelle non seulement à accélérer les délais d’embauche ou à rendre leurs offres plus attractives, mais aussi… à s’ouvrir davantage aux demandeurs d’emploi. Une source de réticences pour nombre d’employeurs.

De nouvelles sociétés finissent pourtant par se laisser convaincre. C’est le cas du hub Fedex de Roissy-Charles-de-Gaulle (3 000 salariés) dont l’activité de fret aérien, fortement stimulée par l’explosion du e-commerce, l’a conduite à devoir recruter en masse. C’est ce qui l’a convaincu de recourir aux services de Pôle emploi, lui permettant d’embaucher depuis l’été dernier… 440 personnes en CDI, dont 209 agents de tri. Pour ces profils, l’agence de Roissy lui a proposé d’utiliser la méthode de recrutement par simulation, une approche utilisée de longue date. Pôle emploi organise des exercices pratiques correspondant au poste visé afin d’évaluer les « habiletés » des candidats. Une manière de dépasser la barrière du CV et de lever les hésitations des candidats à postuler.

Rencontres en chair et en os

Du côté de l’entreprise, cette méthode appelle à modifier ses représentations. « Il y a eu quelques résistances au début mais en entretien, ces candidats ont su nous convaincre, reconnaît Sliman Layadi, coordinateur ressources humaines chez Fedex. Cette expérience nous a permis d’atteindre des profils totalement éloignés de l’activité du transport logistique et aérien qui n’auraient pas pu être présentés à nos managers recruteurs. » Pour le recrutement des agents de piste, poste exigeant des qualifications plus spécifiques, et bientôt sur celui des techniciens de piste, l’entreprise appuie désormais sur la capacité des conseillers à leur recommander des demandeurs d’emploi et d’en rencontrer à l’occasion d’événements de type job dating.

En Ile-de-France, Pôle emploi intensifie les rencontres entre candidats et recruteurs en chair et en os. L’enjeu ? « Montrer que l’agence Pôle emploi est un lieu où on peut trouver de l’emploi », souligne Stéphane Crusoé, directeur de l’agence de Paris-Cardinet, qui organise par exemple des sessions de job dating auxquels participe le groupe d’intérim Crit. Une expérience concluante, fait valoir Karim Makhlouf, directeur agence CRIT Paris Lafayette : « On noue une vraie relation de proximité. Chaque recruteur va faire un point pendant 20 minutes avec le candidat. Il est arrivé qu’on propose un emploi immédiatement, dans les deux jours qui suivent la session. » Selon Stéphane Crusoé, ces résultats positifs s’expliquent par le travail de sélection et de préparation des candidats effectué par les conseillers. « Les opérations de masse ne fonctionnent pas forcément, il vaut mieux proposer un profil qu’on connaît », souligne-t-il.

Quoique moins net qu’en province, le rattrapage du marché du travail des cadres franciliens est en cours. Au troisième trimestre 2021, le nombre d’offres d’emploi publiées auprès de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) n’est inférieur que de 5 % par rapport à 2019, selon une étude de l’organisme publiée le 18 janvier 2022. Trois métiers sont particulièrement prisés dans la région : développeurs, gestionnaires de projets informatiques et cadres de la compatibilité.

Alors que les difficultés de recrutement se sont mécaniquement réduites en 2020, le rebond des offres signe leur grand retour. Malgré une attractivité très forte du territoire, les recruteurs franciliens se battent pour embaucher, constate l’Apec dans son étude régionale. Les entreprises rapportent trois freins : les déplacements domicile-travail, le coût du logement, ainsi qu’un cadre de vie qui peut « inciter certains cadres à une mobilité géographique vers des territoires plus accueillants », même si l’Apec ne dispose pas de chiffres précis sur l’exode des travailleurs franciliens souhaitant se mettre au vert. Ces difficultés frappent bien sûr les entreprises des zones urbaines comme Paris ou les Hauts-de-Seine, où l’emploi cadre est le plus concentré. Mais elles sont surtout exacerbées pour les sociétés en grande couronne. « Des retraits de candidature ou des ruptures de période d’essai sont observés par certaines entreprises, en dépit des avantages qu’elles peuvent proposer aux candidats », observe l’Apec. « Certains candidats ne se renseignent pas forcément sur la localisation de notre société et refusent d’aller plus loin dans leur candidature, lorsqu’on les appelle », témoigne un employeur situé à Provins (Seine-et-Marne).

« Proposer des aides au déplacement »

Pour contourner cette impasse, l’Apec énumère quelques pistes. Certaines entreprises réduisent la durée de leur processus de recrutement, parvenant ainsi à atténuer leurs difficultés d’embauche. D’autres peaufinent leur communication en valorisant leurs points-forts, au-delà des avantages sociaux (rémunération, qualité de vie au travail, etc.) qui peuvent être mis en avant auprès des candidats. « L’existence de “label R&D” peut par exemple être mentionnée dans les offres d’emploi pour déclencher plus de candidatures […]. Dans l’industrie, la qualité des produits fabriqués et le “made in France” peuvent aussi être mise en avant », peut-on lire dans l’étude. L’Apec conseille aussi, dans la mesure du possible, de « faciliter l’accès au logement » et de « proposer des aides au déplacement » afin de mieux mettre en avant les atouts du territoire d’implantation. Un levier encore « très peu utilisé ».

Demeure enfin un autre obstacle… « Certains recruteurs franciliens ne sont pas prêts à assouplir leurs exigences en termes de niveau d’expertise, d’expérience recherchée et même de salaire. De la même façon, la quête absolue de candidats disposant de multiples compétences vient souvent complexifier leurs recrutements », observe l’Apec. Or en Ile-de-France, « les cadres présentent des taux de chômage plus élevés lorsqu’ils sont âgés, tandis que pour les non-cadres, ce sont les plus jeunes qui sont le plus au chômage », relevait l’organisme en juin dernier. Au niveau national, 62 % des cadres âgés de plus de 55 ans « estiment qu’il y a trop peu d’offres correspondant à leur profil », selon un sondage réalisé avec Pôle emploi entre juin et juillet 2021.

Conséquence d’une activité notariale qui n’a sans doute jamais été aussi intense, les études franciliennes cherchent par tous les moyens à recruter. « En France entière, elles ont actuellement besoin de 4 000 collaborateurs tous postes confondus, dont 1 500 en Ile-de-France. Et ce chiffre devrait continuer d’augmenter », indique Estelle Amram, vice-présidente de la Chambre des notaires de Paris. La loi Croissance de 2015, qui a rendu plus aisée la création d’une étude, a également eu des conséquences sur le marché de l’emploi. Le nombre d’offices enregistrés à la Chambre de Paris (Paris, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne) est passé de 263 en 2016 à 480 aujourd’hui.

Résultat, le secteur peine à recruter. Si tous les échelons d’une étude sont touchés, c’est sur le segment des collaborateurs, qu’on appelait autrefois les clercs, que le mal est le plus profond. Nicolas Delouis, notaire dans le 17e arrondissement, confirme cet état de fait : « Si nous avions deux collaborateurs de plus, ce serait bien. Nous n’en trouvons pas, car c’est le plein emploi. De plus, beaucoup de nouvelles études se sont créées et ils ont eux aussi besoin de collaborateurs. »

Les diplômés des filières notariales – les BTS qu’il est ensuite nécessaire de former en interne, les licences professionnelles et les diplômés de l’Institut des métiers du notariat – étant en nombre insuffisant, la Chambre veut inciter à un recrutement plus large. « Nous pouvons intégrer des personnes qui ont une bonne formation juridique, un master en droit de l’urbanisme, en droit civil ou fiscal. Nous avons fait une campagne de sensibilisation à l’automne auprès des présidents d’université sur cette question », indique Maître Amram, qui est également responsable de la formation au sein de la Chambre. Les notaires cadres, ceux qui ont le diplôme mais ne sont pas associés, sont également devenus une denrée rare, même si la pénurie est moins grande. Barbara Thomas-David, notaire dans le 14e arrondissement, voit plusieurs raisons à cette situation. « Les nouvelles études ont créé de l’attractivité pour des personnes qui avaient envie d’être emportées dans un nouveau projet avec la possibilité d’être associé à terme. Je note aussi le désir de collaborateurs de partir en Province, et cela avant-même le Covid. »

Des comptables à former

Dernier poste où il est difficile de recruter : les comptables dits taxateurs. « Nous pourrions aller les chercher chez un expert-comptable mais il y a une vraie spécificité métier. Un comptable n’est pas tout de suite opérationnel », estime maître Delouis. « Lorsque nous recrutons ce type de poste, nous nous adressons à tous les comptables car nous avons un système de formation continue qui permet de transformer un généraliste en spécialiste », précise Estelle Amram. Pour celle qui est également notaire au sein de l’étude parisienne 1768Notaires, « les étudiants et même les personnes qui cherchent à se réorienter doivent savoir que le notariat est une profession stimulante dans laquelle ils vont s’épanouir. Elle se rajeunit avec une moyenne d’âge de 44 ans, se féminise puisque plus de 56 % des notaires sont des femmes, et les salaires sont attractifs. C’est enfin un métier qui évolue avec une relation client intéressante et des opérations stimulantes en droit de la famille, des entreprises et en immobilier. »

La réponse est encore modeste mais elle existe, porteuse d’espoirs[insec]: depuis la rentrée scolaire 2021, ce sont désormais trois écoles de production (EP) qui sont actives en Ile-de-France. Ces structures privées, alternatives à l’apprentissage et basées sur le concept du « faire pour apprendre » puisque les élèves répondent à des commandes réelles, séduisent le gouvernement qui y voit une solution pour des décrocheurs scolaires de 14 à 18 ans. Elles répondent aux besoins en ouvriers de filières en tension, en particulier dans l’industrie. L’Etat a d’ailleurs annoncé fin novembre 2021 les lauréats d’un appel à manifestation d’intérêt pour accompagner 21 nouveaux projets d’EP, dont un à Avon (Seine-et-Marne).

La plus ancienne EP francilienne est celle de l’Icam Paris Sénart, créée en 2017 à Lieusaint (Seine-et-Marne) et consacrée à l’usinage. « C’est d’abord un projet de mixité sociale, l’idée qu’au sein d’une école d’ingénieurs, il puisse y avoir des jeunes se formant au métier d’ouvrier », explique son directeur, Benjamin Chabroux. L’école de production propose une offre de sous-traitance pour des PME de Seine-et-Marne et de l’Essonne dans l’aéronautique, l’automobile, l’énergie… La plupart des entreprises clientes sont celles qui embauchent les jeunes au terme de leur CAP. « Nous avons un très bon taux d’insertion », poursuit Benjamin Chabroux. Une vraie réussite, malgré le nombre modeste de jeunes : 23 pour la promotion actuelle répartis sur deux ans. L’Icam devrait en créer une seconde d’ici 2023 sur un nouveau métier.

Créer un écosystème entre territoires

Toujours dans l’industrie, l’Iron Academy Grand Paris Nord fait ses premières armes depuis le 20 septembre. Installée à Stains (Seine-Saint-Denis) au sein du Campus de l’industrie de la Fondation Total énergies, l’EP se consacre à la métallerie-serrurerie. L’initiative vient de Plaine Commune. « Elle a recensé trois types de besoins : la métallerie, mais aussi l’usinage et le bois. A terme, l’idée serait de créer une Wood et une Factory Academy », indique la directrice Françoise Candier. Les débuts sont difficiles avec seulement neuf élèves alors que la section en a accueilli 12 au début. « Ceux qui sont restés sont très investis. Grâce à l’école, ils se remotivent sur un projet de vie. Ils savent qu’ils vont avoir un emploi après. J’ai au moins une entreprise qui m’appelle par semaine. »

Changement de décor avec la ferme Graines d’avenir, une EP qui forme à la production/transformation/vente de fruits et légumes. Basée à Magny-les-Hameaux (Yvelines), elle a ouvert ses portes le 4 octobre 2021 à l’initiative de David Tuchbant, un entrepreneur des Hauts-de-Seine. « Il faut créer un écosystème entre territoires, jeunes et entreprises. Le site est la propriété de Saint-Quentin-en-Yvelines, nous sommes en contact avec Interfel, l’Interprofession des fruits et légumes, et nous vendons notre production bio à France gourmets, aux cantines scolaires, à Biocoop, La Vie claire, aux épiceries participatives… », énumère le directeur de l’EP, Bruno Aimard. Seulement cinq jeunes sont pour l’instant scolarisés sur les 12 places disponibles alors que, là encore, les besoins de la filière sont importants. Outre le manque d’attractivité de certains métiers, notamment dans l’industrie, ces structures privées peinent encore à séduire l’enseignement public d’où sont issus les jeunes et souffrent d’un manque de notoriété.

« Les Français ont des envies de mobilité », convient à nouveau HelloWork, le spécialiste digital de l’emploi, éditeur des plateformes RegionsJob et ParisJob. En effet, ce constat était déjà dressé dans la précédente étude sur ce thème qui indiquait, en septembre 2021, que quatre Français sur dix se montraient prêts à déménager dans l’Hexagone pour un nouvel emploi et huit sur dix étaient prêts à travailler à distance pour une entreprise située loin de chez eux. L’indice de mobilité professionnelle publié le 6 décembre 2021 (*) confirme cette tendance.

Avec plus d’un actif Francilien sur deux (57 %) qui consulte des offres d’emploi à pourvoir « uniquement » dans d’autres régions, ces derniers sont les plus nombreux de France à envisager une mobilité géographique. Ils sont en revanche les moins nombreux (31 %) à consulter des offres uniquement dans leur région et 12 % à regarder sur l’ensemble du territoire hexagonal. « La crise sanitaire que nous traversons a profondément impacté les envies de mobilité des Français, qui sont en plein essor par rapport à 2020. En effet, le fait que plus d’un Francilien sur deux s’intéresse à des postes en dehors de sa région de résidence est la conséquence des confinements successifs, de la généralisation du télétravail, mais aussi d’un attrait grandissant pour les régions », commente David Beaurepaire, directeur délégué d’HelloWork.

L’Ile-de-France attire les actifs des autres régions

A l’inverse, l’Ile-de-France présente le plus faible taux d’actifs qui consultent les offres d’emploi sur leur région, soit 43 % contre plus de 58 % pour la majorité des autres régions, à l’exception de l’Occitanie (52 %). L’Auvergne-Rhône-Alpes est la région la plus attractive tant pour l’ensemble des Français que pour les Franciliens qui s’intéressent aux offres d’emploi en dehors de leur région. En revanche, ces derniers placent en deuxième et troisième choix les Hauts-de-France et les Pays-de-la-Loire, tandis que les actifs français sont plus attirés par les Pays-de-la-Loire et l’Occitanie.

Pour autant, si Lyon (16 %) est la métropole qui attire le plus les Franciliens lorsqu’ils envisagent de quitter l’Ile-de-France, elle est suivie de près par Nantes (15 %), Aix-Marseille (15 %), Rennes (14 %) et Lille (13 %). Alors que les habitants d’Ile-de-France et d’Occitanie souhaitent délaisser leurs régions de résidence, ce n’est paradoxalement pas le cas des candidats des autres régions qui plébiscitent ces deux territoires pour trouver un emploi. Ainsi, la région qui attire le plus les actifs des Hauts-de-France, de la Normandie et du Centre-Val-de-Loire, en dehors de leur région d’origine, reste l’Ile-de-France. En Nouvelle-Aquitaine et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, les actifs se tournent majoritairement vers l’Occitanie.

(*) Méthodologie : étude réalisée sur la base des offres consultées par 5,4 millions d’utilisateurs des plateformes emploi RegionsJob, et ParisJob, dont 1,9 million en Ile-de-France, au 3e trimestre 2021.

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